Archives de catégorie : Vie paroissiale

Jésus Christ et la pécheresse

Christ ert pécheresse
Philippe de Champaigne

Dimanche 12 Juin

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 7, 36-50.

Un des pharisiens pria Jésus de manger avec lui. En entrant dans la maison du pharisien, il se mit à table. Et voici, une femme de la ville, qui était pécheresse, et qui savait qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à les mouiller avec ses larmes. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.

En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : «  Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »

Jésus prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. –Parle, Maître. » Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cent pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous les deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? «  Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus.

Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison et tu ne m’as pas versé de l’eau sur mes pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée elle n’a cessé d’embrasser mes pieds. Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. «  IL dit à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

Christ et pécheresse
Artus Wolffort

Quel regard ?

Quelle étonnante rencontre dans la maison de Simon ! Le pharisien voulait sans doute voir de plus près ce jeune rabbi qui disait venir de la part de Dieu. Il parlait bien, il rayonnait de bonté. Et puis tout s’écroule ! Voilà que Jésus se prête à une scène pour le moins choquante. Cette femme qui s’approche de Jésus est connue comme prostituée. Ses gestes, ambigus et humainement troubles, disent assez ce qu’elle est. Mais le scandale vient surtout de l’absence de réaction de Jésus. Simon pensait avoir invité un homme de Dieu. Et voilà qu’il a devant lui un homme comme tous les autres.

Si au moins Jésus avait retiré ses pieds, s’il avait protesté, remis la femme à sa place ! Mais non ! Juste avant ce récit, Luc rapporte qu’on parlait de Jésus dans des termes peu flatteurs : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs. »

Simon et la pécheresse : curieux rendez-vous de deux mondes qui ne peuvent pas se rencontrer. Entre eux, il n’y aura aucun signe, que de l’ignorance et du mépris.

Et pourtant l’un et l’autre ne sont que des prisonniers, enfermés et verrouillés, l’un dans son personnage de pharisien et l’autre dans sa réputation de pécheresse.

L’un et l’autre, l’un autant que l’autre ont besoin de s’en sortir. La pécheresse le sait, le pharisien ne veut pas le savoir. Il n’a pas besoin de Jésus. Il est en règle, il n’a pas dette, il ne doit rien à personne, pas même à Dieu.

La pécheresse en entrant, ne voit plus que Jésus, celui qui guérit, celui qui pardonne. Et son amour de convertie lui donne la force d’agir comme si elle était seule. Elle livre au Christ, en une seule fois, non seulement ses cheveux et son parfum, mais ses larmes ; larmes de détresse, mais aussi larmes de joie devant celui qui peut pardonner ses péchés, la remettre debout.

Si Jésus l’avait repoussée, il l’aurait enfermée dans son péché. En l’accueillent, il lui donne un amour qu’elle n’avait encore jamais reçu, un amour gratuit, pour la faire naître à elle-même. Un amour qui n’enferme pas dans le passé, mais qui ouvre un avenir et le rend possible. « Tes péchés sont pardonnés. Ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

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Evangile des béatitudes

Sermon sur la montagne Rosseli
Rosseli

Lundi 6 juin

Evangile des béatitudes

Est-il meilleur commentateur des Béatitudes que notre pape François !… J’ai relevé sur le site Zénith du 4 juin 2015 son tweet sur les béatitudes qu’il considère comme le meilleur matériau de construction de la société.

« Il faut construire la société à la lumière des Béatitudes, marcher vers le Royaume en compagnie des derniers. » publie-t-il.

Dans une de ses premières homélies après son élection, il avait expliqué que pour entrer dans le Royaume de Dieu, il fallait passer « par cette porte qui s’appelle Jésus…Comment entrer par cette porte ? Prends les Béatitudes et fais ce qu’elles disent ; sois humble, sois pauvres, sois doux, sois juste,» disait-il.

Pour le pape les béatitudes sont donc «  la route du bonheur », « le programme de vie chrétienne », le seul moyen pour devenir chrétien, car elles sont à contre-courant de ce qui se fait dans le monde.

Les Béatitudes : « Peu de paroles, des paroles simples, mais pratiques pour tout le monde, parce que le christianisme est une religion pratique : elle n’est pas faite pour être pensée, mais pour qu’on la pratique, pour qu’on la fasse. »

« Bienheureux les pauvres en esprit. Les richesses n’assurent rien. En plus, quand le cœur est riche, il est tellement satisfait de lui-même qu’il n’y pas place pour la Parole de Dieu. »

« Bienheureux ceux qui sont dans les larmes, parce qu’ils seront consolés. Mais le monde dit : la joie, le bonheur, les divertissements, voilà ce qu’il y a de beau dans la vie. Et il ignore, il regarde ailleurs, lorsqu’il y a des problèmes de maladies, des problèmes douloureux dans la famille. Le monde ne veut pas pleurer, il préfère ignorer les situations douloureuses, les recouvrir. Seule la personne qui voit les choses telles qu’elles sont et qui pleure dans son cœur, est heureuse et sera consolée. »

« Bienheureux les doux en ce monde qui, depuis le commencement, est un monde de guerres, un monde où l’on se dispute partout, où la haine est partout. Et Jésus dit : Pas de guerre, pas de haine, paix, douceur. Mais si je suis « doux dans la vie », on va penser que je suis idiot… Qu’on le pense ! Mais toi, sois doux, parce qu’avec cette douceur, tu auras la terre en héritage. »

« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, bienheureux ceux qui luttent pour la justice, pour qu’il y ait la justice dans le monde » : « C’est si facile d’entrer dans la corruption, cette politique quotidienne du «  je te donne pour que tu me donnes. » Tout est une question d’affaires. Que d’injustices ! Combien de personnes souffrent à cause de ces injustices. »

« Bienheureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront miséricorde. Les miséricordieux sont ceux qui pardonnent, qui comprennent les erreurs des autres. Jésus ne dit pas « Bienheureux ceux qui se vengent » mais « Bienheureux ceux qui pardonnent, les miséricordieux » Parce que tous les chrétiens sont une armée de pardonnés.

« Bienheureux les cœurs pur, ceux qui ont un cœur simple, pur, sans saleté, un cœur qui sait aimer avec cette pureté qui est si belle. »

« Bienheureux les artisans. » Mais, c’est si courant d’être artisans de guerres, ou au moins artisans de malentendus ! Quand j’entends quelque chose de celui-ci, et que je vais vers celui-là et je le lui dis et je fais même une seconde édition un peu élargie et je la répète…. Le monde des commérages. Ces personnes qui font des commérages ne font pas la paix, ce sont des ennemies de la paix. Elles ne sont pas bienheureuses. »

«  Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice. Combien de personnes sont persécutées, ont été persécutées simplement pour avoir lutté pour la justice. »

Bienheureux sommes-nous qui essayons de pratiquer ces béatitudes dans notre vie quotidienne : le Seigneur est avec nous et avec son Esprit. Nous ne sommes pas parfaits mais nous sommes de ceux et celles qui se laissent aimer par Dieu et qui, jour après jour, l’aiment comme ils peuvent en se faisant proches des autres. Nous sommes aimés de Dieu. Vivons dans l’amour de nos frères et de nos sœurs. Soyons de ceux et celles qui ne démontrent pas Dieu, mais qui le montrent.

Père Lucas

Sermon sur la montagne 2

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