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Homélie de Pentecôte

La Pentecôte - Jean Restout
Jean Restout

 FETE DE LE PENTECÔTE

Des Actes des Apôtres :  Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques, les Apôtres se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un grand bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie toute entière. Alors  leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’esprit.

Jouvenet JB
JB Jouvenet

 

                                                      LE SOUFFLE DE L’ESPRIT SAINT

On parle rarement de l’Esprit Saint entre chrétiens, beaucoup trop rarement.
Ah ! Si, on parle du Saint Esprit parfois, en période d’examens, laissant entendre que le Saint Esprit est censé souffler la bonne réponse au candidat bachelier ! Mais, dans ce cas, on en parle mal !

La fête de la Pentecôte, chaque année, nous donne tout de même de prier l’Esprit Saint. Nous le faisons au  cours de cette messe.

Mais je pense que beaucoup de chrétiens, le jour de la Pentecôte, sortent de l’église avec une question qu’ils n’ont pas résolue. Ils sortent en disant : « Mais, je suis incapable de parler du Saint Esprit, incapable de le prier personnellement. » En fait, le Saint Esprit, qui est-ce… Que fait-il ?

Chers amis, si la question se pose pour vous de cette façon, je vais essayer de vous libérer de ce malaise, si malaise il y a, car le jour de la Pentecôte, on ne change pas de Dieu !

Etre chrétien, c’est bien être disciple de Jésus, c’est bien vivre avec Jésus, essayer de marcher à sa suite. La Pentecôte ne nous dit pas le contraire, mais Jésus n’a pas d’autre façon d’être présent aujourd’hui que par son Esprit. Il a vécu 33 ans physiquement au milieu des habitants de Palestine et il est avec nous spirituellement jusqu’à la fin des temps, c’est-à-dire par son Esprit.

Le récit de la Pentecôte que nous venons de lire dans la première lecture ne nous dit rien d’autre. Les Apôtres eux-mêmes n’ont plus la présence physique de Jésus, mais Jésus leur donne son Esprit, il est encore avec eux par son Esprit, et ce n’est pas rien.

Dans ce récit les mots et les images se bousculent pour dire ce que le Saint Esprit fait dans le cœur de ceux qui veulent bien être à son écoute. J’en ai retenu deux : le Vent et le miracle des langues.

Le VENT. C’est le premier mot qui nous est proposé dans le récit de la Pentecôte. Le souffle de l’Esprit Saint, tel un vent violent, a ouvert portes et fenêtres du Cénacle. C’est évidemment un langage symbolique. Ce sont les portes et les fenêtres des cœurs qui ont été ouvertes, c’est la peur des Apôtres qui a été balayée. Les Apôtre verrouillés dans le Cénacle par peur des juifs sont sortis, pour annoncer la Résurrection de Jésus. Ces hommes timides qui ne connaissent du monde que le plancher de leur bateau vont affronter les mers, les océans, les tempêtes et les persécutions pour fonder l’Eglise de Jésus-Christ.

Le souffle, le vent, c’est une image très suggestive pour parler de l’Esprit de Jésus en nous. On peut dire que la vie chrétienne, c’est une affaire de « souffle ». Dieu habite en nous comme celui qui nous inspire les bonnes idées ! Par la prière, les chrétiens devraient se remplir « du souffle de Dieu ». C’est bien nous qui conduisons notre vie, mais, c’est « une conduite accompagnée. » Autrement dit, une conduite éclairée par L’Esprit Saint, une conduite soutenue par l’Esprit  de force, une conduite alimentée par l’Esprit d’amour.

Ce souffle, c’est souvent dans nos vies comme une brise légère, comme une brise secrète. Chacun de nous a pu bénéficier de ce souffle. L’Esprit Saint vous a peut-être inspiré un jour une démarche de pardon. Ce vent de l’Esprit, comment ne pas le reconnaître quand des hommes se lèvent pour dénoncer une injustice, abattre les barrières du mépris, lutter contre le racisme, créer des liens entre les personnes.

Ce souffle de l’Esprit déborde les frontières de l’Eglise. Il habite le cœur de tous les hommes de bonne volonté. C’est cela la promesse de Jésus : « Je serai avec vous jusqu’à la fin des temps. »

Voici le second mot sur lequel nous pouvons méditer : il s’agit du « MIRACLE DES LANGUES ». Il faut déchiffrer cet épisode symbolique… tout aussi symbolique que l’image du vent et tout aussi éclairant pour nous dire l’action de l’Esprit Saint.

Rappelez-vous le récit. Ce jour-là, une foule de pèlerins juifs était venue à Jérusalem, de tous les pays environnants. Ils parlaient donc des langues différentes. Mais, en écoutant les Apôtres, ils sont stupéfaits de les entendre dans leur propre langue et chacun de dire : « Nous entendons proclamer les merveilles de Dieu dans notre langue maternelle. »

Il n’est pas difficile de deviner ce que cela signifie pour nous aujourd’hui. En cette Pentecôte 2016, y-at-il quelque chose de plus important à demander à Dieu que son Esprit renouvelle le « Miracle des langues » pour l’Eglise, pour le monde, pour chacun de nous ?

Pour l’Eglise… Miracle des langues. Que l’Esprit Saint lui donne de trouver un langage qui soit compris de tout le monde, de toutes les générations, de tous les continents. Qu’elle trouve, que nous trouvions les mots pour dire la Bonne Nouvelle aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui. C’est ce à quoi s’évertue le pape François.

Pour le monde… Miracles des langues. Que l’Esprit Saint fasse que les hommes se comprennent, s’entendent. Que les peuples en conflit trouvent les mots qui les rapprochent, qu’ils parlent un même langage et que cessent les hostilités dont sont victimes tant d’innocents.

Pour chacun de nous…Miracle des langues. Que l’Esprit Saint nous donne à nous aussi, comme au matin de la Pentecôte, « d’entendre les merveilles de Dieu dans notre langue maternelle ». Autrement dit que l’Evangile ne nous reste pas étranger, abstrait, mais qu’il nous parle au cœur.

Miracle des langues. Que l’Esprit Saint nous donne de parler à Dieu dans notre langue maternelle. C’est-à-dire que nos prières cessent d’être des mots prononcés sans y penser, des paroles récitées du bout des lèvres, comme s’il s’agissait d’une langue étrangère.

Miracle des langues. Que l’Esprit Saint nous donne enfin de parler de Dieu dans notre langue maternelle. C’est-à-dire qu’il nous aide à trouver les mots pour rendre compte de notre foi, pour parler de Dieu, de Jésus, de l’Evangile à des enfants, à des jeunes, à des amis, à tous ceux et toutes elles qui nous demandent de « rendre compte de l’espérance qui est en nous ».

Chers amis, nous avons pris le temps d’épeler deux mots, le vent, le miracle des langues, pour nous aider à reconnaître l’action de l’Esprit Saint.

Prenons maintenant le temps de l’invoquer. La liturgie de la Pentecôte se résume dans un cri : « Viens ! »  Que notre prière d’aujourd’hui soit :

                                                 Viens Esprit de Sainteté,

Viens Esprit de Lumière.

                                                  Viens Esprit de Feu,

Père Lucas

Viens nous embraser.

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El Greco
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Etre un

Andrea del Sarto
Andrea del Sarto

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean

A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés vers le ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi. Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croit que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.

Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la création du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé, et que moi aussi, je sois en eux.

ETRE UN

Ce dimanche entre la fête de l’Ascension et la Pentecôte est une bonne occasion pour faire le point sur le message de Jésus. Dans l’extrait de l’Evangile de ce jour, Jésus s’adresse à son Père, mais aussi à nous. Il nous exhorte à ne plus faire qu’un en Dieu. L’unité qui doit unir les chrétiens, doit être de la même nature que celle qui unit Jésus à son Père. Etre un, mais pas à n’importe comment, pas comme une armée disciplinée, pas davantage dans une unité fusionnelle qui nierait les différences et les noierait dans une sensiblerie qui n’a rien à voir avec l’unité chrétienne. L’Evangile nous invite à être un homme, une femme, à être vrai.

L’unité dont parle Jésus est une espérance et elle existe déjà en Dieu. Lorsque nous parlons d’unité, nous pouvons nous sentir un peu comme des coupables. La politique nous divise. Mais il y a pire. Nous pouvons avoir en tête les grandes déchirures de l’Eglise au cours de l’histoire, les guerres de religion, l’avilissement des populations indigènes et beaucoup de comportements qui ne sont pas à la hauteur du message évangélique, qu’ils soient personnels ou collectifs.

L’unité désirée par Jésus ne repose pas sur une simple unité d’opinion, de valeurs morales, ou d’affection fraternelle. Quand nous cherchons l’unité en paroisse, en communauté de vie, en famille, en couple, nous voulons vivre de l’amour de Dieu ; nous réchauffons notre amour à l’amour même de Dieu. Dieu est le premier à nous aimer, et surtout, il nous aime tels que nous sommes, même quand nous n’arrivons pas à nous aimer nous-mêmes. Avec Dieu, il n’est jamais trop tard, avec Dieu on n’est jamais trop loin, parce qu’il vient lui-même effacer toute distance, pour écarter toute crainte. Pour ne faire qu’un entre nous, c’est-à-dire recevoir ce qui fera notre unité, il faut que Dieu soit en nous. Nous devons donc d’abord laisser Dieu venir au fond de chacun de nous, tout comme le Père habite le cœur de son Fils.

Pendant ces jours qui nous séparent de la Pentecôte, prenons conscience du besoin que nous avons de vivre plus pleinement de l’Esprit Saint qui nous a été donné au jour de notre baptême et de notre confirmation afin de laisser le Christ venir nous habiter. L’unité à laquelle nous sommes appelés, c’est l’unité même des personnes de la sainte Trinité, une unité qui est fondée sur l’Amour, un Amour qui dépasse nos capacités propres, mais qu’il nous est donné de vivre en accueillant Celui qui vient en nous par l’action de son Esprit.

Nous sommes appelés sur le chemin de l’amour réciproque et de l’unité. Nous devons être des maillons, des anneaux de cette chaîne infinie des témoins de Dieu. Nous devons témoigner de la façon dont la Parole de Dieu doit être vécue et la propager à travers le monde. Nous sommes tous responsables d’alimenter le feu de l’amour entre les hommes.

L’unité des disciples n’est pas facultative. Elle n’est pas une exigence parmi d’autres. Elle est centrale. Elle est au coeur de la fidélité chrétienne. C’est d’abord à ce signe que l’on peut nous reconnaître. Avant les paroles, ce sont donc nos actes qui construisent une communauté chrétienne fraternelle, respectueuse, qui disent la Bonne Nouvelle de l’Evangile.

Père Lucas

Variations picturales sur Saint-Jean Baptiste

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