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Le Chien qui parlait aux chats – Chronique îledaraise – 1

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Faute d’actualité du jour sur l’île, nous nous autorisons à partager cette historiette avec nos fidèles lecteurs  petits et les grands.

C’est le premier épisode d’une chronique mais comme nous ne voulons pas abuser de votre patience, nous procédons à un rapide sondage en fin de texte pour savoir si une majorité d’entre vous sont désireux de connaître les suites des bavardages du Chien avec les chats ou souhaitent arrêter ces digressions pseudo littéraires.

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Du danger de trop parler du temps qu’il fait et qu’il fera

Le Chien, nous tairons son nom par discrétion mais il se reconnaîtra, habitait un petit paradis breton, l’île d’Arz mais ce n’est pas l’objet de notre chronique. Le Chien était bavard et, ayant épuisé la patience de ses congénères qui le fuyaient pour ses soliloques lassants, il s’était résolu à tailler une bavette avec les chats.

Le premier chat qu’il aborda était un gouttière grassouillet, le chat de Lolotte (Charlotte). Il l’aborda d’un aimable « Salaam alaykoum », car son maître c’était Mohamed, le marocain. Le chat qui ne parlait pas arabe comprit que c’était pacifique et, curieux, ne s’enfuit pas.

Depuis le chien l’entretenait chaque jour de ses réflexions inspirées par l’écoute du journal télévisé. A vrai dire, le chat était un peu lassé des papotages du canidé mais il n’osait le rembarrer de peur de le vexer et puis un reste de méfiance ancestrale lui suggérait une hypocrite courtoisie. Il fermait à moitié les yeux et s’endormait parfois, ne se réveillant que quand le prolixe Médor (son pseudo pour cette historiette) s’interrompait, attendant de sa part une répartie. Le chat était passé expert pour roupiller les yeux ouverts, ne sortant de sa torpeur que quand sa maîtresse, le caressait ou l’appelait pour manger. Sa vie de chat n’était qu’une suite de sieste, interrompu de quelques toilettes, d’une promenade digestive. Curieusement, il ne s’intéressait pas aux chattes mais il avait le souvenir qu’encore chaton, sa maîtresse l’avait emmené dans un endroit qui sentait le chloroforme.  Le Chien lui n’était pas castré et cela le conduisait à des confidences dont se serait bien passé le chat. Mais n’anticipons pas sur ce sujet scabreux; pour l’heure, le Chien entretenait le chat du temps, sujet qui occupait un quart des journaux télévisés et la moitié du bavardage des commères à la Superette.

–  J’ai mal a mes rhumatisme, le vent va tourner au nordé, on va avoir au mois du force 6, déclara, péremptoire comme un capitaine de marine en retraite, le Chien,

– Ton surnom ce serait pas baromètre, ironisa le chat

– Et toi, ce n’est pas Raminagrobis * qu’il faut t’appeler mais  Raminagrobide, rétorqua le chien vexé

Perfide, le félidé plissa les yeux et demanda au chien :

N’est-ce pas bientôt l’ Aïd el Kebir ? Tu n’as pas peur de finir égorgé faute d’agneau ? Il parait que les musulmans mangent du chien, mais seulement s’il est halal….

– N’importe quoi ! Ce sont les coréens qui mangent du chien ; les chinois c’est du chat, rétorqua fâché le Chien.  C’est toi qui devrait te méfier, j’ai entendu dire a la télé que 100 000 touristes chinois étaient attendus en 2016 en France. J’en ai déjà vu trois cet été sur le caillou. Il va bien falloir les nourrir ! Je serai toi, je ne traînerai pas trop vers les cuisines des restaurants…

Le chat, terrifié à l’évocation de finir en miroton, hérissa la  queue et fila chez lui pour  se rassurer sur les genoux de Lolotte qui dit a son mari, le Fernand, dit Yer’mat, car il faisait ses dévotions quotidiennes au bar La Marine, et pas pour boire de l’eau bénite, rigolaient les autres piliers de bar : « Je ne comprends pas ce qu’a aujourd’hui Mistigri ;  il est tout tremblant ».

Fernand bougonna et mit plus fort la télé pour écouter le  bulletin météo ce qui fit baisser les oreilles du chat, qui sentit qu’il allait déprimer au moins jusqu’au repas du soir.

* Raminagrobis : Rabelais Pantagruel III-21,

Jean de la Fontaine VII – 16

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Si vous souhaitez connaître les suites des conversations du Chien qui parlait aux chats, merci de voter OUI au sondage affiché sur la barre de menus à droite de l’écran d’accueil ou NON si vous en avez assez lu.

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Clochermerle

 Clochemerle

Pour occuper nos soirées hivernales sur l’île d’Arz, nous inaugurons une chronique littéraire et cinématographique par un chef d’oeuvre d’humour

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Le blason de Clochemerle, tranquille bourgade du Beaujolais

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Le livre

Gabriel Chevallier est connu de nos jours pour son roman Clochemerle écrit en 1934. S’il en a écrit d’autres comme La peur, Sainte-Colline, Propre à rien, Les filles sont libres, on pourrait situer cet auteur un peu oublié entre les deux grands Marcel, Marcel Aymé et Marcel Pagnol. Plus proche d’ailleurs du premier que du second pour être précis. Gabriel Chevallier écrivait à ce propos dans L’envers de Clochemerle concernant Marcel Aymé : « Marcel Aymé est un des écrivains d’aujourd’hui que je préfère. Mais je me suis longtemps abstenu de le lire par crainte de me rencontrer en lui (j’ai dans des cartons, depuis vingt ans, le schéma d’une grande nouvelle cocasse que je me retiens d’écrire, de peur qu’on m’accuse d’avoir fait du Marcel Aymé). On nous a parfois comparés, et pas toujours à mon avantage. » Certes, on ne se trompera pas beaucoup si l’on dit que Marcel Aymé est un meilleur romancier que Gabriel Chevallier mais il me semble que Clochemerle vaut le meilleur roman de Marcel Aymé. Cela mérite donc que l’on s’y arrête. Il faut dire qu’il s’agit d’une oeuvre  non seulement comique mais d’une grande lucidité.

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Que peut bien avoir à nous raconter un tel roman de nos jours ? Qu’est-ce qui fait qu’il demeure encore connu ? Très souvent, à la moindre agitation en milieu humain, je pense à Clochemerle. Inéluctablement,  les mêmes tribulations à peu de choses près vont se passer, avec le même ridicule, les mêmes ego chiffonnés, le même grotesque des situations et la même bouffonnerie des personnages. Tout le monde a en tête l’expression « querelle de clochers » et on évoque parfois le roman de Chevallier à cette occasion. Il y a là un joyeux et féroce croquis de la bêtise humaine qui nous regarde tous, du moins dès qu’il y a quelques représentants de l’espèce humaine réunis dans un endroit, ce qui arrive donc souvent : jalousie, bêtise, ressentiments, rivalités, rancoeurs, mesquineries etc. On pourrait d’ailleurs déplacer le roman de Chevallier dans le milieu politique, ou littéraire, partout en définitive, on obtiendrait à peu de choses près les mêmes situations.  Tout y est.

source :http://yrol.free.fr/LITTERA/textes.htm

109 éditions – Plusieurs millions d’exemplaires – 29 traductions

Adaptation cinématographique

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Vidéos

Il existe deux adaptations cinématographiques du roman éponyme

Clochemerle - 1947

Film réalisé par Pierre Chenal, sorti en 1948  et  interdit aux moins de 16 ans

Clochemerle 2004

Téléfilm réalisé par Daniel Losset en 2004

Le chômeur de Clochermerle

Le chômeur de Clochemerle est une adaptation cinématographique, de Clochemerle Babylone, la suite de Clochemerle, réalisée en 1957 par Jean Boyer avec Fernandel

Le  film de 1948 n’est malheureusement pas disponible en streaming mais vous pouvez regarder les autres deux films en intégralité et en toute légalité sur YouTube en cliquant sur les liens ci-après

Clochemerle : Téléfilm de 2004

Le chômeur de Clochemerle avec Fernandel

Bon film !

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