Ile d’Arz

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Ile-d’Arz signifie, semble-t-il, île de l’ours

En 1008, le duc Geoffroy de Bretagne donne la partie sud de l’île-d’Arz à saint Félix, abbé de l’abbaye Saint-Gildas-de-Rhuys, et les moines y construisent un prieuré et une église dédiée à Notre-Dame. En 1033, Alain III, duc de Bretagne, donne la partie nord de l’île-d’Arz à l’abbaye Saint-Georges de Rennes et fonde un second prieuré : ” Qu’il soit connu de tous ceux qui portent le caractère de chrétien que Alain, par la grâce de Dieu, duc des Bretons, a donné pour le salut de son âme et de celles de son père, de sa mère, de son frère, et pour le bonheur de ses enfants, la moitié de l’Ile d’Art, avec tous les droit et coutumes qui appartiennent au comte, d’une manière absolue et perpétuelle, à Saint-Georges (de Rennes) et aux soeurs qui y servent Dieu. Si quelqu’un veut s’opposer à cette donation, qu’il soit séparé de la communion des fidèles et qu’il reste éternellement excommunié par les évêques présents, à moins qu’il ne fasse pénitence ” (D. Morice).

Le prieuré de Saint-Georges comprend toute la partie Nord-Est de l’île-d’Arz, jusqu’aux îles Drénec inclusivement. L’autre moitié de l’île dépend du prieuré de Notre-Dame, membre de Saint-Gildas-de-Rhuys. Ces deux prieurés possèdent un droit de haute, moyenne et basse justice. Voici l’aveu de l’abbaye Saint-Georges rendu au Roi en 1665 par Magdelaine de la Fayette, abbesse de Saint-Georges : « De plus, les dictes dames ont et advouent tenir un prieuré apellé le prieuré de l’Isle d’Ars, aussy membre de la dicte abbaye et annexé à la manse conventuelle, consistant en une métairye, terres arrables et non arrables, prée, prairyes, moulin à vent, colombier, nombre de petittes isles aux environs de la dicte isle d’Ars, et enfin la moitié de la dicte isle d’Ars et parroisse, en laquelle les dictes dames ont et leur apartient fiefs, jurisdiction ; l’exercice de laquelle se faict tous les sabmedis de chacune semaine, à l’issue du Présidial de Vennes, soubs laquelle y a plusieurs hommes et vassaux sur lesquels la dicte dame a droit de loddes et ventes, rentes et droit de terrages, qui est de six gerbes une, et en quelques endroits de trois une ; les droits et rentes duquel prieuré s’estendent aussy dans l’isle de Rhuis, et le dict droit de terrage se prend et se levent sur touttes sortes de blasteryes. Dans laquelle isle y a une chapelenie apellée la chapellanie Nostre Dame, qui est en la présentation de la dicte dame abbesse ».

L’île d’Arz s’appelait autrefois l’île des Capitaines. L’île d’Arz est érigée en commune en 1790. Son territoire englobe six îles : l’île de Piren (ou Spiren), l’île Le Mouchiou (ou Mouchioux), l’île Lerne, l’île Drénec (3 îles), l’île Ilur et l’île Iluric. Ilur est annexée à l’Ile-d’Ars en 1615.

Un prêtre d’Ilur (presbiterum d’Ilur) est mentionné en 1251 lors d’une contestation qui l’oppose à des laïcs. Ylur était paroissiale vers 1330 et jusqu’en 1615 (date de son annexion à Arz). L’église prieurale devient paroissiale après la déchéance de l’ancienne paroisse d’Ilur.

Note 1 : L’île d’Arz, en breton En Arh, située au sud-ouest de Vannes, dans le golfe du Morbihan, mesure aujourd’hui une superficie de 269 hectares, à marée haute. Lorsque la mer est basse, cette superficie est double, et elle comprend dans son périmètre les îlots de Pirenn, Mouchot, Drénec, Escobenn et Lern. L’Ile d’Arz est séparée de Boued, ou de la côte de Séné, par un chenal, qui n’a que 10 pieds de profondeur au-dessous des plus basses marées ; et comme le sol s’est affaissé d’au moins 16 pieds depuis l’érection du cromlech d’Er Lannig, il s’ensuit qu’on pouvait anciennement aller à pied sec de l’île d’Arz à Séné. Le sol, profond et sablonneux, est d’une grande fertilité ; il est travaillé, comme en plusieurs endroits de la côte, par les femmes, car une grande partie des hommes est occupée à la navigation. La population est en 1891 de 1158 habitants. Les monuments celtiques de cette île sont : A Penraz, au sud-est du bourg, la moitié d’un cromlech, ayant environ 20 mètres de diamètre ; à Gréavau, un reste de tumulus ; au cap de Broel, des menhirs et des dolmens ruinés ; à Pen-Lious, des menhirs et trois dolmens ruinés ; à Pénéreau, un dolmen bouleversé (Bull. 1881, p. 26. — 1884, p. 188). La période romaine est signalée par un goulot d’amphore, et des fragments de briques et de vases romains, trouvés à Pénéreau, à côté d’objets celtiques. L’île d’Arz, à cause de son voisinage de la ville de Vannes, a dû recevoir d’assez bonne heure la semence de l’Evangile, et il est probable qu’elle était déjà paroisse lors des invasions normandes au IXème et au Xème siècle. A la restauration religieuse du XIème siècle, la moitié méridionale de l’île fut cédée, vers 1008, par le duc Géoffroi I à saint Félix, abbé de Rhuys. Les moines y envoyèrent des colons, tirés de la presqu’île : on reconnaît encore dans la population le type des habitants de Rhuys ; le costume est aussi à peu prés le même, mais plus élégant et mieux porté. Les religieux bâtirent l’église de Notre-Dame, qui servit de centre au prieuré et à la paroisse ; le prieur fut en même temps le supérieur des moines et le recteur de la paroisse. Quand, un siècle ou deux plus tard, les religieux rentrèrent à l’abbaye, le prieur de Notre-Dame conserva le titre de recteur primitif, la jouissance de la dîme à la 6ème gerbe dans toute l’étendue de l’île, et le droit de célébrer la messe paroissiale à Pâques, à l’Assomption, à la Toussaint et à Noël. Le vicaire perpétuel, chargé de le remplacer, fut payé par lui, présenté par l’abbé de Rhuys, et institué par l’évêque de Vannes. A côté de ce prieuré, le duc Alain III en fonda un autre en 1033, sous le nom de Saint-Georges, qu’il donna à l’abbaye de ce nom à Rennes : il comprenait la moitié septentrionale de l’île, jusqu’aux îles Drénec. Vers l’an 1500, l’abbaye de Saint-Georges acquit une partie des terres de Notre-Dame, et s’affranchit de la dîme sur son domaine, moyennant une redevance annuelle de huit perrées de froment ; mais, en retour, elle s’engagea à payer la moitié de la portion congrue du vicaire, et la moitié des grosses réparations de l’église paroissiale. Ces deux prieurés avaient le droit de haute, moyenne et basse justice sur les habitants de leur fief respectif, et possédaient chacun, un moulin. La juridiction civile de Notre-Dame fut absorbée, dès la fin du XVème siècle, par la sénéchaussée de Rhuys ; mais celle de Saint-Georges se maintint jusqu’en 1790, et s’exerçait à Vannes. En dehors de ces deux prieurés, il y avait encore la seigneurie de Kernoel. L’île d’Arz appartenait au territoire ecclésiastique de Vannes. En 1790 elle fut érigée en commune, du canton d’Arradon et du district de Vannes. En 1791, M. Le Rouzic, son recteur, refusa le serment à la constitution civile du clergé et dut bientôt quitter son presbytère. La même année, commença la vente des biens ecclésiastiques, qui ne se termina qu’en 1795. Le prieuré de Notre-Dame y perdit sa maison prieurale du bourg, un jardin, deux prairies, un moulin à mer, une vigne, et différentes pièces de terre, vendus pour la somme totale de 52,975 livres. Le prieuré de Saint-Georges perdit sa maison, un pré à Kernoel, une pièce de terre, un moulin à vent, et l’île de Drénec, le tout vendu 10,790 livres. La chapellenie de Kerlois vit vendre pour 37,150 livres de terres disséminées en divers endroits. Enfin la chapellenie du Néro y perdit pour 6,360 livres, et le couvent des Dominicains de Vannes pour 7,715 livres de propriétés diverses. L’île d’Arz fit partie en 1800 de l’arrondissement de Vannes, et en 1801 du canton de Saint-Pierre, ou de Vannes-Ouest, ce qui n’a pas été modifié depuis. Cette île a vu naitre : 1° M. Mahé, chanoine, auteur d’un Essai sur les Antiquités du département du Morbihan en 1825 ; 2° M. Monnier, professeur, mort représentant du peuple en 1854 ; 3° M. F. Rio, auteur d’une Histoire de la petite chouannerie et d’une Histoire de l’Art chrétien, mort en 1874 ; 4° M. Le Joubioux, chanoine, poète breton et littérateur distingué, mort en 1888 (Joseph-Marie Le Mené – 1891).

Note 2 : Ilur n’est plus aujourd’hui qu’un îlot du Morbihan, situé entre l’île d’Arz et la côte de Sarzeau. Mais quand on l’examine à marée basse, on voit qu’il tient encore au continent de Rhuys par une plaine vaseuse, tandis qu’il est séparé de l’île d’Arz par le lit assez profond de la rivière de Noyalo. Il en est de même des îlots d’Iluric, de Godec, de Tascon et de Baliran, etc… Ce sont les points saillants d’un sol, qui s’est lentement affaissé et qui a été envahi par la mer dans ses parties basses. Un curieux procès de 1770, conservé dans les archives de Sarzeau et concernant cette plaine vaseuse, constate les envahissements continus de la mer, et prouve que certains propriétaires payaient encore, à cette époque, au domaine, des rentes pour des parcelles de terres qui étaient sous l’eau à marée haute (Bull. 1882, p. 8). On a signalé comme celtique un tumulus ou un tertre, qui se trouve dans la partie sud d’Ilur. Mais cette attribution n’est pas certaine, car il semble faire partie d’une construction ou d’un parc, où se rencontrent de nombreuses briques romaines et des pierres cubiques de petite dimension. Une fouille serait indispensable pour bien déterminer l’âge et la nature de ces ruines (Bull. 1881, p. 30). L’Ile d’Ilur n’a qu’un village, qui compte, en 1891, une vingtaine d’habitants. Il n’y a pas là certainement de quoi constituer une paroisse, et cependant Ilur a été jadis une paroisse et une très ancienne paroisse. Comment expliquer ce phénomène ? Son érection en paroisse n’a pu avoir lieu que lorsqu’il y avait une population assez considérable et une superficie assez étendue. Or, ces deux conditions n’ont pu se rencontrer que lorsque l’île faisait partie du continent de Rhuys. De là se tire une autre conclusion : l’érection d’Ilur en paroisse est nécessairement postérieure à la création du diocèse de Vannes en 465, c’est-à-dire qu’au Vème et au VIème siècle l’île n’était pas encore séparée du continent. Au XIème siècle, quand Sarzeau remplace Ilur sur la terre de Rhuys, la séparation était déjà consommée. Désormais, grâce aux envahissements de la mer, cette antique paroisse ira toujours en diminuant jusqu’à sa suppression définitive. Son église, qui vient d’être remplacée par une petite chapelle, avait la forme d’une croix latine, à chevet arrondi ; elle était de style roman et elle pouvait remonter au XIème siècle : elle avait donc succédé à une plus ancienne construction. On a retiré de cette église et du cimetière qui l’entourait deux cercueils en granit, intacts, longs de 2m05 et de 1m95, plus larges à la tête qu’aux pieds, de même hauteur partout, et munis d’un espace carré pour recevoir la tête. Au moment de sa découverte, le premier portait encore un fragment de couvercle prismatique, semblable aux couvercles des tombes de saint Félix et du moine Rioc, qui se voient à Saint-Gildas de Rhuys et qui sont du XIème siècle. Le second cercueil n’avait plus de couvercle. Au bas de la nef, on a trouvé quatre ou cinq tombeaux en maçonnerie, d’une date postérieure aux précédents, et dépourvus également de couvercles. Cette église, dont la toiture et les portes étaient ruinées en 1605, fut réparée peu après. Dix ans plus tard, Mgr Jacques Martin, trouvant cette paroisse trop pauvre et trop réduite pour supporter ses charges, l’annexa à 1’Ile-d’Arz par décret du 30 juin 1615. Son presbytère était alors tout neuf, et servit ensuite, pendant 38 ans, de logement au prêtre chargé du service des deux îles. Le recteur d’Ilur dîmait seul et à la 11ème gerbe sur toute l’étendue de son île. L’évêché de Vannes y possédait des tenues à domaine congéable, une garenne et une vigne ; il avait en outre la mouvance de toutes les maisons, terres et héritages, composant les îles d’Ilur, Iluric et Godec. En 1790, Ilur, réduit au rang de simple village, fut annexé à la commune de l’Ile-d’Arz ; il n’en a pas été séparé depuis. Sa superf­icie est de 41 hectares (Joseph-Marie Le Mené – 1891).

Note 3 : Légende de l’île d’Arz : “4 000 ans avant notre ère, l’île d’Arz était reliée à l’île des Moines, sa voisine, par un isthme dont il ne reste que la pointe de Brouël sur l’île d’Arz et la pointe de Brouhel sur l’île aux Moines. Un jeune homme de l’île d’Arz tomba éperdument amoureux d’une fille de l’île aux Moines. Ses parents s’opposèrent au mariage et le firent enfermer chez les moines. Mais cela n’empêcha pas la belle de se rendre tous les jours près de lui. Désespérés, les parents demandèrent à l’abbé du monastère d’attirer sur le couple la colère divine. Un soir, alors que la jeune fille traversait l’isthme pour rejoindre son galant, les vagues se levèrent à l’appel du prieur, la mer submergea l’étroite bande de terre, noya l’amante et sépara définitivement l’île d’Arz de l’île aux Moines”.

Info Bretagne

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L’île d’Arz ( En Arh en breton ) serait habitée de longue date ( 4000 ans a.v. J.C. ).

Comme le reste du Golfe, elle a subi l’occupation des Celtes, des Vénètes, des Romains et des Bretons qui vinrent nombreux pour ces terres fertiles.

Au XI siècle, l’île est partagée entre deux prieurés qui y établirent fermes, moulins et églises. L’ essor du commerce maritime entraîne la construction de maisons de marins et de capitaines d’ où son surnom de l’ île des capitaines.

Debout et Tenons
“Debout et tenons”

MairieParoisse devenue commune en 1790 , elle compte neufs îles ou îlots satellites.
Les îles Arz, Drénec Vras et Drenec Vihan, l’île Lerne, l’île Hur,le Charles, l’île Huric, l’île de Mouchiouse et l’île Spiren
Les habitants de l’île d’Arz s’appellent les Ildarais. Quant à l’origine du mot Arz elle remonterait au celtique “arthos” et au breton arh qui signifient ours.

Eglise

En 1008, Le duc Geoffroy 1er de Bretagne fait don de la moitié sud de l’île à l’abbaye St Gildas de Rhuys.
Les moines bâtissent alors un prieuré ( l’actuelle Mairie )et l’église Notre-Dame de la Nativité.
 

 En 1033, Le duc Alain III fonde un second prieuré pour l’abbaye féminine St Georges de Rennes,dans l’autre moitié nord. Jusqu’à la Révolution, cette division territoriale est une source de conflit entre les deux prieurés et leurs habitants.
De nombreuses maisons anciennes sont conservées, plusieurs du 17e siècle,dans les villages comme au bourg.

Mairie de l’île d’Arz

Cartes postales anciennes

L'embarcadère
L’embarcadère

La Vitrine de l’île d’Arz

Revue de presse

Arz : l’endroit haut

À la découverte de l’île des Capitaines

 

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