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Vase Graal d’Emile Gallé

Emile Gallé, Le Figuier ou Le Graal, 1900, Musée de Nancy

La célébration de la libération d’Auschwitz le 27 janvier 1945 et ce dimanche dominical nous suggère de partager avec vous ce verre soufflé en 1900 par Emile Gallé en hommage à Albert Dreyfus. En Gallé expliqua qu’il avait « sculpté avec piété et douleur le signe auguste d’un plus oublié encore, et qui souffrit et mourut pour avoir promis qu’ « heureux seront ceux qui ont faim et soif parce qu’ils seront rassasiés » c’est-à-dire le Christ. La forme en calice de la pièce permettait que s’écoulent le long du pied des larmes de verre, décoratives et symboliques, imitant la transpiration des feuilles du figuier, mais rappelant surtout les larmes du Christ et de toutes les victimes de l’injustice. L’inscription tirée d’un poème d’Hugo et gravée sur la base renforçait la signification : « Car tous les hommes sont les fils d’un même père / Ils ont la même larme. Ils sortent du même œil. En outre pour parfaire l’assimilation de Dreyfus au Christ et répondre à l’antijudaïsme catholique, Gallé lia deux symboles religieux confondant le christianisme et le judaïsme : le chrisme utilisé comme signe de reconnaissance par les premiers chrétiens persécutés ; et le figuier stérile et desséché qui, dans la symbolique chrétienne, qualifie le peuple d’Israël châtié pour n’avoir pas reconnu le Messie. Mais Gallé avait pris soin de représenter le figuier vert et porteur d’un fruit mûr ornant le haut du pied de la coupe, pour inciter, selon un renversement dont il était coutumier, les Chrétiens à vaincre l’antisémitisme. « Voilà pour quelle communion a été fait ce verre à boire, gigantesque et profond autant que possible. »

Source : TILLIER Bertrand,  Les artistes et l’affaire Dreyfus: 1898-1908, Champ Vallon, 2016

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Divagations électorales

Zo d’Axa

Les campagnes électorales sont propices à des divagations, quelques unes comiques et fort irrévérencieuses. Nous commençons ici cette chronique historique. Seuls les esprits chagrins voudront y lire des allusions à la campagne électorale actuelle engagée sur l’île d’Arz.

Zo d’Axa soutient un âne comme candidat

Zo d’Axa, écrivain et libertaire, directeur fondateur de  La Feuille , journal antimilitaristes et anticapitalistes et dreyfusard lance une campagne pour l’abolition des bagnes d’enfants. Lors des élections municipales de 1898, La Feuille choisit un âne comme candidat officiel ; promené à travers Paris, il fait scandale. Le jour du scrutin, Zo d’Axa parcourt la ville sur un char tiré par l’âne blanc, suivi d’une foule nombreuse et hilare. La police se présente, veut mettre fin à la manifestation et conduire l’âne à la fourrière ; une bagarre s’ensuit et Zo d’Axa relâche l’âne en disant : « Cela n’a plus d’importance, c’est maintenant un candidat officiel ! »

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Zo_d%27Axa

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